"Psys" en ligne!

 

 

L'avènement des thérapies en ligne interroge ce qui fait l'essence d'une relation thérapeutique. Cette dernière nécessite-t-elle une rencontre et une présence physique ? Les pratiques traditionnelles sont-elles transférables telles quelles du monde physique au monde virtuel ?

Historique :

Bien avant la démocratisation du numérique, dès 1985, l'Université de Cornell mit en place un service spécialisé de réponses par courriel, dont le succès fut immédiat et qui s'est maintenu jusqu'en 2012.

Sur la toile, psychologie et psychothérapies ont d'abord été un objet d'échange avant de devenir une pratique. Les personnes présentant des difficultés psychologiques (ou leurs proches) ont commencé par utiliser le réseau comme un moyen de communication, d'information et d'aide, et se sont structurées en communautés.

C’est en 1995, que les premiers professionnels de la santé mentale investissent l'Internet.

Dans les années 2000, on assiste dans le monde anglo-saxon à l'ouverture de véritables cyber-cliniques pouvant regrouper plusieurs dizaines de psychothérapeutes.

Dès 1999, la Société internationale pour la santé mentale en ligne (ISMHO)  met en place un groupe d'experts chargés d'étudier les cas cliniques traités par thérapie en ligne.

Aujourd’hui, en France, le Syndicat national des psychologues comme la Fédération française des psychologues et de psychologie ne sont pas réfractaires au principe de thérapies en ligne, tant qu'un cadre strict est respecté.

 

Pourquoi consulter en ligne ?

  • Le premier intérêt évident d'une thérapie en ligne est l'accessibilité. Internet facilite l'accès au thérapeute, que le patient ne soit pas en mesure de se déplacer (handicap, éloignement géographique), ou qu'il soit freiné par l'idée d'une rencontre réelle (s'il souffre de phobie, d'anxiété et/ou de timidité).

  • Elle permet de conserver son anonymat.

  • Une thérapie en ligne peut également présenter un intérêt économique, avec des honoraires moins coûteux.

  • Elle est plus flexible en termes de temps (rendez-vous flexibles).

  • Les échanges virtuels permettent aux indécis de se faire une idée plus précise du travail possible avec un psychothérapeute.

  • L'internet peut également être utilisé en complément d'une psychothérapie, ce qui étend le temps de suivi thérapeutique et accroît la quantité de matériel accumulé par le thérapeute.

 

 

Quelques résultats

De fait, la psychothérapie par visioconférence accumule de plus en plus de preuves de son efficacité. En 2014, Birgit Wagner, de l'université de Leipzig, en Allemagne, et ses collègues l'ont par exemple testée contre la dépression, en proposant une séance d’une heure par semaine pendant deux mois à deux groupes de patients : l'un voyait le psychothérapeute en ligne, l'autre en face-à-face. Et les résultats ont été surprenants ! Les symptômes se sont améliorés chez 53 % des participants du groupe visioconférence, et de 50 % chez ceux du groupe en face-à-face. Lors de ces séances, les psychothérapeutes appliquaient les méthodes d’une famille de thérapies dites cognitivo-comportementales. Elles consistent à la fois à travailler sur les comportements dysfonctionnels et les pensées problématiques. Ce type de psychothérapie est efficace contre bon nombre de troubles psychologiques et se prête bien aux séances par visioconférence.

D’autres techniques sont applicables : l’hypnothérapie par visioconférence s’est par exemple révélée efficace contre le traitement de la douleur chronique.

Aussi, de nombreuses pathologies ont vu l’efficacité d’un traitement par visioconférence validée par des travaux expérimentaux. C’est le cas de l’addiction au tabac ou aux opiacés, et du stress post traumatique.

Pour cette dernière pathologie, Janine Olthius de l’université du New Brunswick au Canada, et ses collègues ont publié en 2016 une analyse globale des travaux validant les traitements en ligne. Ils ont montré que ceux-ci conduisaient à une amélioration  des symptômes équivalente à celle des traitements en face à face.

Moyennant quelques précautions (connexion haut débit et matériel adapté) les thérapies en ligne permettent de délivrer des soins de qualité quand il n’est pas possible de rencontrer le psychothérapeute, ce qui arrive de plus en plus souvent. Par exemple, la population est devenue plus mobile. Beaucoup de gens partent à l’étranger et peinent à trouver un thérapeute qui parle leur langue.

 

Limites des thérapies en ligne

Un certain nombre de limites aux thérapies en ligne ont été identifiées par les praticiens eux-mêmes (par l'ISMH notamment) :

  • Une thérapie en ligne ne peut prendre en compte l'importante quantité d'information communiquée de manière non verbale lors d'un échange « physique », d'où de potentielles incompréhensions.

  • Les situations à risque (risque suicidaire par exemple) sont plus difficiles à évaluer. Plus généralement, la perte des repères visuels et auditifs réduit la capacité à établir un diagnostic.

  • Il est plus difficile pour le thérapeute de répondre à l'obligation de signalement en cas d'abus ou de violence.

  • Les thérapies en ligne ne sont pas indiquées pour les patients psychotiques ou ayant besoin d'une médication (Stofle, 1997), mais comment faire en ligne les évaluations nécessaires ?

 

Conseils pour une cyberthérapie réussie

  • S'assurer de la compétence du thérapeute (formation, références). La certification FF2P que certains thérapeutes mettent en avant n'a aucune valeur légale. Eviter tout thérapeute qui n'est pas identifiable hors ligne. A consulter: le registre ADELI pour les psychologues, le Conseil de l'ordre des médecins pour les psychiatres, et les annuaires des institutions psychanalytiques (ameli-direct.fr )

  • Eviter tout thérapeute promettant un résultat garanti, rapide et sans difficultés.

  • Eviter les thérapeutes dont le site affiche des bannières publicitaires.

  • Se renseigner sur la manière dont les échanges sont stockés et protégés.

  • En cas de litige, le patient a plus de facilités à faire valoir ses droits si le thérapeute réside dans le même pays que lui.

 

Références :

Olthuis J V., Wozney L, Asmundson GJG, Cramm H, Lingley-Pottie P, McGrath PJ. Distancedelivered interventions for PTSD: A systematic review and meta-analysis. J Anxiety Disord [Internet]. Elsevier Ltd; 2016;44:9–26.

 

« Psychothérapies en ligne? Histoire, questions éthiques, processus », Y. Leroux, Psychothérapies , 28, 2008

 

Thoughts about Online Psychotherapy: Ethical and Practical Considerations, G.Stofle, 1997.

 

Wagner, B., Horn, A. B., & Maercker, A. (2014). Internet-based versus face-to-face cognitive-behavioral intervention for depression: A randomized controlled non-inferiority trial. Journal of Affective Disorders, 152–154, 113–121.

https://www.ismho.org/home.asp

M'appeler

+33 663 015 356



 

© 2015 par Roseline Bueder
 

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now